Les origines de la toute première école à travers l’histoire

Le système scolaire allemand fait régulièrement débat : accusé de rigidité, de conservatisme, d’une obsession pour la performance qui néglige l’individu. Les élèves y passent l’essentiel de leurs journées, ce qui place le choix de l’établissement au cœur des préoccupations parentales. Chaque école reflète des principes différents, et ce sont bien ces valeurs qui guident de plus en plus le choix des familles.

Plus d’autonomie dans les écoles alternatives

Face à un enseignement traditionnel encore largement frontal, plus de 80% dans le public, des figures comme Maria Montessori, Célestin Freinet ou Rudolf Steiner ont voulu bousculer les lignes. Leur mot d’ordre : replacer l’élève au centre, favoriser l’expérimentation, donner à chacun une part active dans son apprentissage. C’est ainsi qu’ils ont fondé des écoles alternatives, souvent indépendantes ou sous contrat, qui conservent la structure allemande mais font la part belle à l’autodétermination de l’enfant. Ces modèles touchent surtout l’école primaire, bien que quelques établissements secondaires privés s’en inspirent aussi.

Panorama des écoles alternatives : à chaque enfant sa voie

Pour les familles tentées par une autre voie, il s’agit avant tout de clarifier leurs attentes et de comprendre ce que propose chaque concept pédagogique. Voici un aperçu des principales écoles alternatives pour vous aider à vous repérer. Si l’un de ces modèles vous attire, explorez les sites web associés pour approfondir. D’autres pistes et conseils sont disponibles dans notre guide : Trouvez la bonne école, école de rêve en 3 étapes.

Accédez directement aux différents types d’écoles présentés :

  • 1. École Waldorf
  • 2. École Montessori
  • 3. École Freinet
  • 4. École Jenaplan
  • 5. École Démocratique
  • 6. École Dalton Plan
  • 7. École du Club de Rome
  • 8. École Mehlhorn
  • 9. Autres formes d’école alternatives en Allemagne et faits intéressants
  • 10. Trouver la bonne école

1. Les écoles Waldorf (Rudolf Steiner)

À la base de la pédagogie Waldorf, Rudolf Steiner a identifié trois pôles fondamentaux chez l’humain : pensée, sentiment, volonté. Les écoles Waldorf privilégient donc un développement équilibré des compétences pratiques, artistiques, créatives et sociales. Leur credo ? Éveiller l’enfant dans la joie, le guider avec bienveillance, et ne jamais brider sa liberté.

Dans ce modèle, les matières sont organisées en « époques » : chaque matin, les élèves se plongent dans un seul sujet pendant plusieurs semaines. Un thème, comme le Moyen Âge, irrigue ainsi histoire, littérature et même des activités pratiques comme la culture du grain. Les programmes s’adaptent à la progression des enfants, sans manuels imposés. Les chiffres se rythment, les lettres se chantent, les sons se dansent. La fameuse « danse du nom » est née ici.

La stabilité de la communauté compte : les classes restent soudées, les enseignants changent peu, et nul n’est laissé sur le bord du chemin. Les talents particuliers sont cultivés dans de petits groupes. Les bulletins prennent la forme d’évaluations rédigées, sans note chiffrée pour ne pas ajouter de pression. À partir de la 9e année, certains certificats peuvent être obtenus si besoin.

Quels diplômes sont accessibles ?

Un élève peut entrer en école Waldorf dès la première année. L’offre s’étend souvent à la journée complète, avec repas chaud et encadrement l’après-midi. Généralement, le cursus dure 12 ans et se conclut par un « diplôme Waldorf », non reconnu officiellement par l’État. Pour l’obtenir, il s’agit de réaliser un travail annuel et de constituer un dossier de compétences, plutôt que de passer des examens classiques. Cependant, les élèves peuvent aussi préparer les diplômes d’État (Brevet, Abitur) en passant des examens externes après la 12e ou 13e année. Selon www.waldorfschule.de, presque tous décrochent un diplôme officiel, et plus de la moitié poursuivent au lycée. Les passerelles existent vers et depuis les écoles Waldorf, mais des rattrapages peuvent être nécessaires à cause des différences de programme.

Quel budget prévoir ?

En moyenne, une école Waldorf facture 160 euros par mois. Les barèmes tiennent compte des ressources, et aucun élève n’est écarté pour des questions financières.

Est-ce adapté à mon enfant ?

L’admission repose sur un entretien pour vérifier l’adéquation entre l’enfant, sa famille et l’esprit Waldorf. Nul besoin de dons artistiques hors norme : ce qui compte, c’est le plaisir du mouvement, la créativité, l’intérêt pour la musique. Les écoles Waldorf conviennent aussi aux enfants qui souffrent sous la pression des notes. À noter : la participation active des parents est attendue.

2. École Montessori : « Aide-moi à faire seul »

Maria Montessori a mis l’accent sur le respect des besoins individuels de chaque enfant. L’objectif ? Encourager l’autonomie et l’expérimentation : l’enseignant accompagne, guide, mais laisse l’élève prendre les rênes. Cette pédagogie favorise le goût de la découverte et l’apprentissage autodirigé. Sa devise : « Aide-moi à faire seul. » Près des deux tiers des écoles Montessori sont privées, les établissements publics n’en proposent généralement que quelques sections.

Comment se déroulent les apprentissages ?

Dans une école Montessori, l’organisation tranche avec l’enseignement classique. Les enfants alternent travail individuel, en groupe restreint, projets collectifs et séquences thématiques. Chaque matin, ils disposent de deux à trois heures pour choisir librement leur activité, avec qui ils veulent, aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Les groupes sont mélangés en âge, ce qui permet aux plus jeunes et aux plus grands de s’entraider. Les enseignants interviennent en appui, sans imposer de cadre rigide. Après une longue pause, les cours collectifs reprennent, avec distribution des devoirs dans des groupes d’âge homogène. Le matériel pédagogique est pensé pour permettre l’exploration sensorielle et ludique.

Quels diplômes sont possibles ?

Plus de 1 000 structures Montessori existent en Allemagne, de la crèche au secondaire. La plupart sont reconnues par l’État et fonctionnent à la journée. Le passage vers le secondaire public est possible après un examen d’entrée. Tous les diplômes nationaux peuvent être obtenus.

Combien coûte une école Montessori ?

Le montant mensuel varie selon les ressources familiales, généralement entre 100 et 400 euros.

Ce modèle convient-il à tous ?

La pédagogie Montessori s’adresse à tous les profils. L’enfant y apprend à travailler en autonomie, à se motiver, à s’intéresser par lui-même. Pas de cours magistral, donc pas de place pour la passivité. Pour ceux qui souffrent du cadre rigide de l’école classique, cette liberté peut faire des merveilles. Mais ce modèle suppose aussi une forte capacité à s’auto-organiser : peu de règles, peu de structures, ce qui peut dérouter les enfants ayant du mal à se concentrer. Une réflexion sur les avantages et les limites de ce modèle est proposée sur Hauptsache-Bildung.de. L’engagement parental est, là encore, un prérequis.

Réussir dans tous les types d’écoles :

3. Les écoles Freinet : questionner le monde

Dans les écoles Freinet, la priorité est donnée à l’individualité de l’enfant. Ici, les élèves choisissent ce qu’ils souhaitent explorer, à leur rythme. Les décisions sont prises collectivement par les enfants et les enseignants, réunis en conseil de classe. L’enseignement traditionnel laisse place à une dynamique dirigée par les élèves.

La pédagogie Freinet incite à une réflexion critique sur le monde. Les situations vécues (sorties, explorations, rencontres) génèrent des questions, discutées collectivement. Chacun construit alors son plan de travail personnalisé, pour déterminer les prochains sujets à traiter. Les productions sont archivées pour pouvoir y revenir. Une fois par semaine, la classe se réunit pour planifier, faire le point sur les plannings, et s’assurer que chacun progresse. Ce fonctionnement développe un sens aigu des règles, ainsi qu’une première approche de la démocratie.

Quels débouchés pour les élèves ?

La majorité des écoles Freinet sont des écoles primaires, qui débouchent sur une orientation vers le secondaire. En cas de changement d’établissement, des notes peuvent être attribuées, bien que le concept ne les prévoit pas à l’origine. Les écoles sont en général sous contrat, donc sans frais pour les familles.

Quel coût pour une école Freinet ?

Dans les établissements indépendants, les frais varient entre 35 et 380 euros par mois, selon l’accompagnement proposé et les revenus des parents. La plupart sont néanmoins sous contrat et donc gratuites.

Pour quel profil d’enfant ?

L’approche Freinet valorise l’autonomie et la curiosité. Les enfants qui aiment poser des questions, explorer, argumenter, s’y épanouissent. Les plus réservés y trouvent aussi un espace pour s’exprimer, même si certains peuvent se sentir dépassés par cette forte stimulation.

4. Les écoles Jenaplan : vivre et apprendre ensemble

Le projet pédagogique Jenaplan, initié par Peter Petersen, lie étroitement apprentissage et éducation. Quatre piliers structurent la vie de l’école : dialogue, jeu, travail et célébration. L’école devient ainsi un lieu de vie à part entière.

Les enseignements obligatoires sont transmis dans le cadre de « cours », proches du modèle frontal mais enrichis par une approche participative. Les classes réunissent des enfants de trois niveaux différents, favorisant l’entraide et le tutorat entre âges. Des groupes de discussion réguliers sont organisés pour aborder les problèmes, prendre des décisions collectives et développer les compétences sociales. Les repas pris ensemble et les fêtes hebdomadaires renforcent le sentiment d’appartenance. Les projets communs sont fréquemment mis à l’honneur lors de ces célébrations. Jusqu’en 7e année, les progrès sont évalués à travers des rapports descriptifs plutôt que des notes.

Quels diplômes pour les élèves Jenaplan ?

À l’exception des écoles Freinet, tous les diplômes d’État sont accessibles dans les écoles Jenaplan.

Faut-il payer pour une école Jenaplan ?

La plupart de ces établissements sont publics ou sous contrat, donc sans frais pour les familles.

À qui s’adresse ce modèle ?

Le Jenaplan soutient l’individualité et le développement social de chaque enfant. Pour ceux qui ne se sentent pas à leur place dans le public sans pour autant rejeter totalement l’enseignement collectif, cette option peut offrir un bon compromis.

5. Les écoles démocratiques : l’enfant acteur

Pas d’emploi du temps imposé, horaires flexibles, journées façonnées selon les envies : dans les écoles démocratiques, les élèves choisissent leurs projets, leurs ateliers, et peuvent même s’investir en dehors de l’école. L’apprentissage se veut libre, sans pression. L’idée : « apprendre avec cœur pour apprendre durablement ».

Derrière une apparence de désordre, la structure existe bel et bien. La vie de l’école s’organise autour d’une réunion hebdomadaire où enfants et adultes débattent et votent à égalité sur les décisions collectives.

Quels diplômes préparer ?

Les élèves se préparent à l’examen externe du diplôme d’études secondaires, et peuvent ensuite accéder au lycée ou à d’autres cursus selon leurs résultats.

Quel coût prévoir ?

Les écoles démocratiques sont privées et ne bénéficient pas de subventions publiques. Les frais, indexés sur les revenus parentaux, tournent autour de 200 euros par mois.

Pour qui ?

Comme le rappellent Thomas Möller et Christoph Schuhmann, réalisateurs de « Schools of Trust » : « Les écoles démocratiques sont adaptées à tout enfant, mais pas à toutes les familles. » Les parents doivent accepter ce modèle où la confiance en l’enfant prime sur la recherche de performance. Ici, le plaisir et l’intérêt personnel guident l’apprentissage, loin de l’obsession du bulletin.

6. Dalton Plan : apprendre en agissant

Pour Helen Parkhurst, à l’origine du Dalton Plan, rien ne remplace l’apprentissage par l’action. Cette pédagogie, héritière de Montessori, place l’indépendance au premier plan.

Chaque début d’année, les élèves reçoivent un programme de travail à réaliser par étapes hebdomadaires jusqu’aux vacances. Les classes sont réparties par matières, et les enseignants jouent le rôle de mentors, disponibles à la demande. Les productions écrites rythment l’évaluation.

Le modèle Dalton Plan est courant aux États-Unis, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, mais reste confidentiel en Allemagne, où il n’existe pas d’école exclusivement Dalton (situation en février 2016). Certains établissements publics s’en inspirent partiellement.

À qui s’adresse ce modèle ?

Pas de cours magistral, rythme individualisé, autonomie maximale : une formule qui apaise bien des enfants mal à l’aise dans le système classique. Toutefois, l’accent mis sur le travail écrit peut être perçu comme un frein par certains élèves.

7. Les écoles du Club de Rome : penser global, agir local

Le Club de Rome, fondé en 1968, milite pour un avenir soutenable et la préservation des écosystèmes. Les écoles qui s’en réclament intègrent ces valeurs dans leurs pratiques.

L’enseignement y est transversal, encourageant les projets interdisciplinaires, les laboratoires d’expérimentation, et un apprentissage qui touche la tête, le cœur et la main. Chaque enfant est accompagné selon ses forces et ses fragilités, avec une attention particulière à la confiance en soi. L’esprit d’équipe, le respect, la responsabilité individuelle sont au cœur du projet. L’expression artistique et l’activité physique occupent aussi une place de choix.

Quels diplômes sont proposés ?

On compte 15 écoles du Club de Rome en Allemagne (février 2016), essentiellement des collèges, lycées, écoles communautaires et quelques établissements primaires. Tous les diplômes officiels peuvent y être préparés.

Combien ça coûte ?

La plupart de ces écoles ne demandent pas de frais de scolarité. Si c’est le cas, la contribution dépend du revenu familial et du nombre d’enfants scolarisés, sans dépasser 150 euros par mois.

Pour quel profil ?

Ici, chaque élève peut s’engager dans une expérience éducative approfondie. Les notes et l’enseignement magistral ne disparaissent pas complètement, ce qui peut poser problème à ceux qui cherchent une radicale alternative au système classique.

Les écoles de créativité BIP : révéler chaque talent

Les écoles Mehlhorn, aussi appelées écoles de créativité GDP, sont apparues récemment : la première a ouvert en 1997, portée par Gerlinde et Hans-Georg Mehlhorn. Leur ambition : révéler les talents, l’intelligence et la personnalité de chaque enfant. L’objectif affiché : « former des personnes créatives, capables de répondre aux défis actuels et futurs, même imprévus ».

Le programme officiel inclut arts visuels, musique, danse, théâtre, expression orale, échecs, informatique, anglais et deux autres langues étrangères (dont une non européenne). L’apprentissage d’un instrument est obligatoire dès la première année. Dès le CP, les notes sont attribuées en allemand et en mathématiques, puis dans toutes les matières à partir du CE2. Les élèves qui n’atteignent pas certains seuils bénéficient d’un accompagnement renforcé. Un bulletin détaillé, quotidien ou hebdomadaire, permet de suivre les progrès et de stimuler la motivation.

Toutes les écoles Mehlhorn fonctionnent en journée complète, de 8h à 16h, avec une garderie possible jusqu’à 18h. Un après-midi par semaine, les cours sont réduits à 13h pour laisser du temps à la pratique instrumentale.

Quel diplôme préparer ?

Le but affiché est l’Abitur (baccalauréat). On trouve des écoles primaires et secondaires sous ce label.

Quel budget prévoir ?

Ce sont des établissements privés, avec des frais mensuels qui couvrent la scolarité, la créativité et un fonds de classe. Les montants varient selon la région, mais ils restent supérieurs à la moyenne des autres écoles indépendantes, du fait du doublement des enseignants et des locaux par classe.

Est-ce fait pour mon enfant ?

La performance et l’accompagnement sont très présents. Certains enfants s’y épanouissent, d’autres peuvent se sentir sous pression. Si votre enfant aime apprendre et persévérer, il pourrait y trouver sa place. Les profils plus sensibles ou vite dépassés pourraient en revanche rencontrer des difficultés. Le gymnase n’est pas la panacée pour tous, et une visite lors des portes ouvertes permet de mieux cerner l’ambiance.

9. D’autres alternatives et points à retenir

Au-delà de ces modèles phares, d’autres établissements en Allemagne proposent des approches pédagogiques variées, parfois très spécialisées ou expérimentales.

Changer d’école alternative vers une école classique

Le passage d’une école à pédagogie alternative vers une structure conventionnelle est-il compliqué ? Les expériences varient, comme le montre l’interview d’Emma à propos de son passage du « libre » au lycée classique.

10. S’orienter vers la bonne école

Ce tour d’horizon des écoles alternatives allemandes donne un aperçu de la diversité des options. Pour localiser les établissements proches de chez vous, plusieurs plateformes sont à disposition :

  • schulweb.de
  • bildung.de

Pour aller plus loin, le guide gratuit offre des pistes pour choisir la bonne école et réussir la transition. Une liste de contrôle à télécharger vous aidera à structurer votre visite et à affiner votre choix lors des journées portes ouvertes. Rester attentif, comparer, questionner : c’est ainsi que l’on évite les regrets et que l’on construit les fondations d’un parcours scolaire vraiment fait pour son enfant.